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15 Jun 2021

Interview croisée spéciale Industrie : Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l’Industrie et Laurent Tardif, président de la FIEEC

J3E

Un peu plus d’un an après le début de la pandémie, le secteur industriel français a su prouver sa flexibilité et sa robustesse. Malgré des premiers mois difficiles, les acteurs industriels ont su s’appuyer sur leurs atouts pour préparer l’avenir. Entre relocalisation, transition énergétique et digitalisation, les défis sont nombreux. Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, chargée de l’Industrie, et Laurent Tardif, président de la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication (FIEEC) et PDG Europe du Sud du Groupe Prysmian, dressent un premier bilan de cette pandémie sur le secteur industriel et mettent en avant les atouts de la France pour transformer et densifier son tissu industriel.

Quels sont aujourd’hui les enjeux industriels sur le territoire français ?

Agnès Pannier-Runacher – Nous sommes à un moment de transitions, numérique et écologique. C’est aussi un moment de reconquête industrielle. Tous nos efforts doivent être tournés vers ces objectifs qui sont liés. Dès 2017, le Gouvernement a porté l’ambition de renforcer l’appareil industriel français. En 2017, en 2018 et en 2019, l’industrie est redevenue créatrice nette d’emplois pour la première fois depuis 2000. En avril 2019, l’élaboration du « Pacte Productif » devait répondre aux défis rencontrés par l’industrie : l’urgence climatique, la révolution technologique, les évolutions démographiques, et la compétition économique mondiale. La crise a encore augmenté nos exigences de résultats. Ainsi, nous nous sommes dotés d’un plan pour bâtir la France de 2030 : le plan France Relance. C’est un plan ambitieux, massif et inédit de 100 milliards d’euros, dont 35 milliards consacrés à l’industrie. Il fera de la France un pays qui maîtrise son empreinte énergétique et environnementale et qui crée de la richesse et des emplois sur les territoires. L’industrie sera au cœur de cette transformation, car c’est à travers elle que nous maîtriserons les technologies nécessaires à notre souveraineté et que nous décarbonerons notre économie.

Laurent Tardif – J’ai envie de vous répondre que les enjeux industriels sont les mêmes que ceux de notre pays. Nos feuilles de route sont intimement liées, car la France ne parviendra pas à mettre en œuvre les transitions environnementale et numérique sans le concours de toutes les industries. Mais il s’agit là d’enjeux à long terme, dont l’importance est renforcée par les nouveaux usages qui ont vu le jour pendant cette pandémie. À court terme, l’enjeu majeur consiste à retrouver le chemin de la croissance après une année globalement compliquée. Les obstacles sont encore nombreux, en particulier en raison des tensions sur les matières premières que nous connaissons et de l’impact sur les stocks.

De quelle manière la crise liée au Covid-19 a-t-elle rebattu les cartes ?

A. P.-R. – La crise sanitaire a éclairé d’une lumière crue nos vulnérabilités. Elle a révélé les dépendances de la France et de l’Europe pour la production de certains biens de première nécessité. Ces constats sont venus renforcer la conviction qu’un secteur productif fort était une condition indispensable à une économie forte. L’industrie a donc été confortée au cœur de la stratégie économique du Gouvernement. Elle constitue en effet un levier majeur pour la relance. Outre son rôle incontournable pour décarboner nos activités et assurer notre résilience face aux crises, c’est aussi un levier majeur pour la cohésion sociale et territoriale, avec 3,2 millions de salariés et 13 % du PIB français. Depuis le rebond de l’été 2020, les pertes d’activité par rapport à fin 2019 se résorbent progressivement, même si certains secteurs souffrent davantage, notamment la filière aéronautique.

L. T. – Je pense qu’il est encore trop pour mesurer l’ensemble des impacts liés au Covid-19. En revanche, ce que l’on peut constater c’est la formidable accélération des transformations digitales et environnementales. Prenons l’exemple du télétravail. Il y a encore peu de temps, certains voulaient remettre en cause le raccordement des logements neufs au très haut débit. On voit aujourd’hui à quel point cette question doit être un élément clé de la politique du logement. Autre exemple, l’électronique : les difficultés d’approvisionnement récentes montrent que cette partie de la chaîne de valeur est essentielle pour le reste de l’économie. En un sens, la crise Covid est un puissant révélateur de nos forces et de nos faiblesses. Elle montre également que la robustesse d’une économie repose sur des infrastructures efficaces et sur la maîtrise de ses approvisionnements.

 

Craignez-vous une érosion du tissu industriel français pour les années à venir ?

A. P.-R. – Au cours des quarante dernières années, nous avons assisté à une dégradation constante de la part de l’industrie dans l’économie française. Or, l’industrie est la colonne vertébrale de notre économie. Elle crée des emplois dans les territoires périphériques et ruraux et génère de nombreux emplois induits, tant dans les services publics que dans les entreprises de services. Elle porte par ailleurs l’essentiel de nos exportations et de notre innovation. Depuis quatre ans, nous avons mis en place sous l’impulsion du président de la République de nombreuses mesures de réindustrialisation, avec le lancement du dispositif « Territoires d’industrie », avec les plans d’investissement d’avenir, ou plus récemment avec le plan France Relance. Grâce à cela nous avons obtenu de premiers résultats. Nous devons continuer nos efforts et nous accélérons pour conforter cette tendance, en consolidant les filières industrielles qui sont les piliers de notre économie et en ouvrant de nouvelles filières grâce à un soutien important sur les technologies les plus prometteuses, comme l’hydrogène. Les industriels ont des projets, ils sont prêts à prendre des risques : nous les accompagnons dans ce mouvement.

L. T. – Tant notre pays que nos industries ont des atouts exceptionnels qui confortent mon optimisme sur la situation des années à venir, a fortiori si nous engageons les réformes nécessaires pour renforcer notre compétitivité. Mais bien entendu, il y aura des difficultés, comme au lendemain de chaque crise. Les amortisseurs mis en place par le Gouvernement, en particulier le prêt garanti par l’État, apportent certes de l’oxygène à beaucoup d’entre nous. Mais lorsque viendra l’heure de les rembourser, certains pourraient avoir des problèmes. Le soutien des pouvoirs publics à l’industrie ne doit pas s’arrêter brutalement du jour au lendemain.

Dans le cadre de la relance, quels sont les axes retenus pour le secteur industriel ?

A. P.-R. – Le Gouvernement soutient massivement les investissements industriels. Quatre priorités ont été identifiées : décarboner, (re)localiser, moderniser et innover. En matière de décarbonation, notre ambition est de faire de l’industrie le moteur de la transition environnementale pour réduire notre empreinte carbone. Pour cela, il faut également (re)localiser des productions en France. C’est bon pour l’emploi et c’est bon pour la planète car nos exigences environnementales sont plus élevées que dans beaucoup de pays situés à l’autre bout de la planète. Avec le quatrième plan d’investissements d’avenir, le Gouvernement soutient aussi les marchés à fort contenu technologique et fort potentiel de croissance de valeur ajoutée et d’emplois. Nos premiers succès montrent que France Relance répond à une demande forte des industriels. Depuis septembre 2020, pour les élus, près de 1 600 projets ont été retenus. Ils représentent près de 7,4 milliards d’euros d’investissements industriels pour un soutien public de plus de 2 milliards d’euros. Au total, plus de 8 000 entreprises sont concernées par le plan de relance. Nous allons poursuivre sur cette lancée !

 

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